La formation est au cœur de l'action de la CFDT, de ses origines en 1919 jusqu'à nos jours. La formation syndicale permet de changer la société. Ce film retrace son histoire et en rappelle ses fondement toujours aussi pertinents aujourd'hui.
jeudi 20 mars 2014
Le Benchmark n'est pas en soi une atteinte à la santé des salariés
Selon la Cour d’appel de Lyon, le « benchmark » n’est pas, en lui-même, créateur d’une souffrance au travail. Aussi, il ne doit pas faire l’objet d’une interdiction générale. C’est l’application qui en est faite par l’entreprise qui peut éventuellement compromettre la santé et la sécurité des salariés et qui doit alors être condamnée. Cour d’appel de Lyon, 21.02.14, n° 12/06988.
Le « benchmark » est un mode d’organisation de travail basé sur la performance. Ce système permet à l’employeur d’évaluer les salariés en les mettant en concurrence.
Un jugement du TGI de Lyon avait fait grand bruit en sommant une entreprise d’un secteur bancaire de mettre fin à son organisation du travail fondée sur le « benchmark ». En effet, ce système avait été jugé compromettant pour la santé et la sécurité des salariés, en évaluant continuellement la performance des commerciaux par une comparaison permanente entre leurs résultats. Ce jugement avait été analysé comme la fin du « Benchmark ».
LE «BENCHMARK» EST-IL CONDAMNABLE EN SOI ?
Quelques années plus tard, la Cour d’appel a dû répondre à la question suivante: le « benchmark » est-il condamnable en soi?
Dans son arrêt du 21 février 2014, la Cour d’appel infirme le jugement du TGI en décidant que « la mise en place de l’outil de pilotage « benchmark » basé sur la performance n’est pas, en lui-même, créateur d’une souffrance collective au travail ». C’est l’application qui en est faite dans l’entreprise qui peut éventuellement compromettre la santé et la sécurité des salariés et qui doit alors être condamnées.
Aussi, la Cour d’appel reconnait qu’entre fin 2007 et 2012, l’application de ce mode d’organisation dans l’entreprise « a causé une souffrance collective réelle aux salariés (…) l’employeur, dans l’exercice de ses fonctions a pris des mesures et de gestion et d’organisation du travail qui ont compromis la santé et la sécurité des salariés». La Cour condamne l’entreprise à des dommages et intérêts pour cette période.
En revanche, à compter de 2013, la Cour d’appel reconnait que l’employeur a apporté des correctifs nécessaires à l’outil de pilotage «benchmark ». Par exemple, les salariés n’ont plus accès aux résultats de leurs collègues, ils ne sont plus comparés avec le meilleur des collègues, mais par rapport à une médiane, le calcul de la rémunération variable est modifié et des formations sont mises en place au niveau des commerciaux et des managers. Aussi, la Cour d’appel a décidé que l’employeur était autorisé à en poursuivre la mise en œuvre dans ces nouvelles conditions.
Pour la Cour d’appel, le benchmark ne doit donc pas faire l’objet d’une interdiction générale. Tout va dépendre de la mise en place de cet outil. La Cour d'appel donne, à travers cet arrêt, quelques conditions nécessaires pour que le benchmark puisse être appliqué de manière à préserver les salariés de troubles psychosociaux (voir ci-dessus). A contrario, sans ces conditions, l’application du benchmark serait condamnée.
A noter : A notre connaissance, aucun pourvoi en Cassation n'est encore déposé.
samedi 15 mars 2014
Pacte de responsabilité : la CFDT signe le relevé de conclusions
Le Bureau national de la CFDT a voté à l’unanimité la signature du relevé de conclusions du pacte de responsabilité.
De longues heures de discussion sur le pacte de responsabilité auront été nécessaires pour aboutir à un relevé de conclusions. La CFDT estime avoir obtenu la réponse à ses attentes.
La deuxième réunion des partenaires sociaux sur le pacte de responsabilité, le 5 mars, a abouti à un relevé de conclusions. CFDT, CFTC et CFE-CGC ont donné un avis favorable, renvoyant la décision de signer le document à leurs instances (le Bureau national des 12 et 13 mars pour la CFDT). « La CFDT est restée intransigeante sur ses objectifs d’obtenir des engagements chiffrés, des engagements sur l’emploi, des engagements sur l’investissement et surtout des engagements contractualisés dans les branches », a indiqué la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq, estimant avoir atteint les objectifs du mandat de la délégation CFDT*.
Point d’équilibre
Il aura fallu de longues heures de discussion aux partenaires sociaux pour trouver le point d’équilibre entre les trois organisations patronales et les trois organisations syndicales prêtes à prendre le pari du pacte de responsabilité. « Cela a été compliqué entre les organisations patronales, cela a été compliqué entre organisations syndicales », a admis le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard.
Le patronat, CGPME en tête, refusait tout engagement chiffré en contrepartie du pacte. « Un relevé de conclusions au niveau national interprofessionnel a pour objet de poser un cadre, une méthode de travail, une incitation à discuter au niveau des branches et des entreprises, pas à fixer d’engagements chiffrés », a poursuivi Jean-François Pilliard.
Objectifs quantitatifs et qualitatifs par branche
Au final, le relevé de conclusions prévoit, « dès lors que la trajectoire de baisse des prélèvements sociaux et fiscaux sera précisément définie par les pouvoirs publics », que les branches professionnelles mèneront « des discussions aboutissant à un relevé de conclusions signé ou des négociations en vue d’aboutir à un accord » pour définir « des objectifs quantitatifs et qualitatifs ». Ceux-ci porteront sur l’emploi (recrutement, création, maintien) avec une attention particulière portée aux jeunes et aux seniors. Ils concerneront aussi la montée en compétences et en qualification des salariés, que les branches prendront en compte dans leurs négociations sur les classifications.
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, la consultation du comité d’entreprise sur les orientations stratégiques inclura le pacte de responsabilité. Les entreprises sont par ailleurs invitées à ouvrir des négociations sur la qualité de vie au travail.
Trajectoire conjointe des allègements et des engagements
« Avant la fin 2014, chaque branche définira les critères, les modalités de suivi et d’évaluation des objectifs qu’elle s’est fixés », indique le relevé de conclusion. « La trajectoire des allègements devra être cohérente avec la trajectoire des engagements », s’est félicité la chef de file de la délégation CFDT.
« La CFDT a obtenu ce qu’elle demandait. Il appartient désormais au Bureau national de se prononcer », a indiqué Véronique Descacq. Pour la secrétaire nationale, le relevé de conclusions « n’est qu’un premier pas. Reste tout le travail avec l’État sur le financement de la protection sociale », avant la prochaine date butoir de la conférence sociale.
aseigne@cfdt.fr
vendredi 7 mars 2014
Révolution de palais à Groupama Méditerranée
Diffusion aux adhérents CFDT d'une information concernant la destitution du Directeur Général de Groupama Méditerranée (par ailleurs Président de l'UDSG)...
samedi 22 février 2014
Pervers narcissiques: quand votre chef cache un tyran
L'univers du travail est un redoutable terrain de chasse pour les "PN", ces harceleurs passés maîtres dans l'art de manipuler et d'humilier. D'autant que les entreprises ont le plus grand mal à s'en débarrasser.
C'est en surfant sur des forums consacrés au harcèlement que Salif a pu mettre des mots sur le calvaire qu'il a enduré pendant deux ans. "Mon ancien chef ressemblait trait pour trait aux pervers narcissiques que dépeignaient les internautes", raconte cet informaticien de 26 ans. Un "boss de rêve", qui offrait des cafés et n'était jamais avare de compliments. Un jour, pourtant, les critiques ont commencé à pleuvoir, insidieuses, jamais vraiment argumentées. Au fil des semaines, Salif a été de moins en moins convié aux réunions, jusqu'à ce que son nom finisse par disparaître complètement de la mailing list du service. Salif s'est retrouvé isolé, déboussolé... "Pendant un moment, mon chef est redevenu gentil, et puis ça a recommencé. Si je n'avais pas été muté, je serais au chômage, ou en dépression."
La seule solution: fuir, quand c'est possible...
Face à un pervers narcissique, avocats, psys et médecins du travail ont un seul conseil : fuir. Sauver sa peau. Partir le plus vite possible. Quand c'est possible... "Avec le chômage de masse, une sorte de précarité virtuelle intégrée s'installe chez beaucoup de salariés, qui se sentent coincés", constate Jean-Claude Delgènes, du cabinet Technologia, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux. Dommage, car le monde du travail est un terrain de chasse privilégié pour ces prédateurs modernes. Souvent flatteurs et beaux parleurs, dépourvus d'empathie et de tout sentiment de culpabilité, ils ont besoin pour s'épanouir d'"une relation d'emprise naturelle difficile à rompre", selon le psychanalyste Jean-Claude Bouchoux. Si le phénomène est difficile à quantifier, le management à la française leur semble particulièrement favorable : "Dans les enquêtes internationales, nos entreprises sont parmi les plus mal notées pour la qualité des relations avec la hiérarchie ou la reconnaissance au travail. Ce peu d'attention prêté à "l'humain" crée un contexte idéal pour ces déviants", souligne le psychiatre Patrick Légeron, fondateur du cabinet Stimulus.
Que faire, alors, face à un collègue, un subordonné ou un chef "manipulateur destructeur" présumé? "D'abord, tenter de désamorcer et, surtout, ne pas accuser à tort, répond la psychiatre Marie-France Hirigoyen, célèbre pour avoir popularisé les concepts de harcèlement moral et de pervers narcissique. Ces mots sont aujourd'hui galvaudés. Il ne faut pas confondre la perversion narcissique avec un comportement pervers défensif, induit par une organisation du travail pathogène", ajoute la psy. Pour en avoir le coeur net, elle préconise un échange de bonne foi pour tenter de faire prendre conscience à l'autre du mal qu'il cause. Rien ne change ? Il ou elle rejette la faute sur vous ? Le danger est là, il faut se protéger.
Quand les critiques et les coups bas ont commencé à alterner avec les "bouquets de fleurs, les déjeuners entre "copines'' et les confidences", Joëlle, cadre sup dans l'assurance, en a tout de suite parlé à son mari : "Il m'a rappelé l'essentiel : à 55 ans, j'avais toujours donné satisfaction, donc le problème ne venait pas de moi." Et quand sa supérieure hiérarchique, une coquette jeune femme en poste depuis un an, a essayé de la déstabiliser en racontant qu'une collègue de longue date se plaignait de son comportement, Joëlle a foncé voir celle-ci : "Elle est tombée des nues, bien entendu. Je résiste comme ça, en revenant à des faits objectifs, l'une des meilleures techniques pour contrer les manipulateurs, mais c'est usant. D'autres ici sont en arrêt maladie, sous antidépresseurs", soupire-t-elle.
Ils repèrent les failles de leurs victimes et s'y engouffrent
Souvent, les victimes ont du mal à faire leur deuil de la relation toxique. "Quand quelqu'un commence par vous dire que vous êtes le meilleur, c'est agréable", souligne Anne-Catherine Sabas, auteur de Triomphez des manipulateurs (éd. Bussière). Rémy, trader dans une grande banque, a été pris à ce piège. Il s'est suicidé. "Son chef l'invitait à dîner, ils sont même partis en vacances ensemble. Puis il s'est mis à l'humilier, à lui refuser des déplacements ou des congés, à l'installer à la place des stagiaires", raconte l'avocat de sa famille, Me Michel Ledoux, qui se rappelle ces Post-it où la victime écrivait à son bourreau : "Pourquoi tu me traites comme un chien ? Quel besoin as-tu de me tirer dessus?"
La règle d'or, face à un "PN": en dire le minimum, car ils repèrent les failles de leurs victimes et s'y engouffrent. "Un de mes patients, employé dans un grand établissement financier, a dit un jour à son supérieur qu'il ne supportait pas les parfums d'ambiance. Le lendemain, l'autre a vidé une bombe de désodorisant d'intérieur dans son bureau, en faisant passer ça pour une blague. Et tout était à l'avenant", raconte le psychothérapeute Pascal Couderc. Dur, alors, de garder son calme.
Et pourtant... D'un naturel posé, Frédéric a su rester flegmatique face à un boss "capable de vous hurler dessus pour des broutilles, puis de dîner avec vous en déplacement comme si de rien n'était". "Je savais que, si je répliquais, ce serait pire", se souvient cet auditeur, qui avait une stratégie simple : éviter son chef. "On peut aussi faire de la contre-manipulation, s'entraîner à répondre par des phrases courtes, feindre l'indifférence", insiste Isabelle Nazare-Aga, qui organise des séminaires sur l'art de faire face aux manipulateurs.
Les personnalités toxiques pèsent sur la productivité
Et, bien sûr, garder des traces écrites de tout - faire des mails, si possible avec plusieurs personnes en copie. Des documents précieux si la situation dégénère. "Malheureusement, entre aider quelqu'un en souffrance ou sacrifier un harceleur par ailleurs efficace au travail, certaines directions choisissent vite", constate Patrick Légeron. Car les pervers narcissiques savent se mettre la hiérarchie dans la poche. "Certains deviennent indéboulonnables", confirme Jean-Claude Delgènes, qui est intervenu dans un grand groupe de l'énergie, où un service d'audit connaissait un fort turnover. "Tout le monde connaissait le problème, mais le responsable du service était issu des Mines et protégé par son réseau. Il a juste été muté, et encore, cela a été compliqué", se souvient-il.
Les entreprises, pourtant, devraient se méfier. Esprit d'équipe bousillé, démotivation, turnover, absentéisme : les personnalités toxiques pèsent sur la productivité. Quant au risque juridique, il tourne au casse-tête. "Un harceleur sanctionné sans preuves suffisantes peut se retourner contre son employeur. Ce qu'il fera d'autant plus qu'en bon narcisse il déteste l'humiliation. Et, en même temps, l'entreprise a une obligation de résultat en matière de santé au travail : en cas de harcèlement, elle sera toujours fautive", explique Me Ledoux.
Manfred Kets de Vries, professeur à l'Insead, prône donc une solution radicale : "Eviter d'embaucher de futurs tyrans." Pour cela, multiplier les entretiens, croiser les réponses du candidat, et débusquer ses incohérences. Et, pour ceux qui passeraient entre les mailles, instaurer une organisation du travail qui les empêche de nuire : dire que les plaintes seront prises en compte, et laisser la place à la critique. "Mais c'est difficile en France, ajoute ce Néerlandais. Chez vous, tous les pouvoirs sont concentrés et, dès l'école, l'esprit d'initiative est découragé au profit de l'obéissance."
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Groupama a tourné la page des années de crise
Après deux années de pertes, l'assureur mutualiste présente de bons résultats au titre de l'exercice 2013 malgré les intempéries.
Groupama a tourné la page des années de crise profonde. Après avoir frôlé le pire fin 2011, et essuyé dans la foulée deux années de pertes, l'assureur mutualiste présente des résultats solides. «L'exercice 2013 traduit la nouvelle dynamique de Groupama avec un résultat positif, une marge de solvabilité confortée et une maîtrise renforcée de ses risques», a souligné Thierry Martel, le directeur général du groupe. Le bénéfice ressort à 283 millions d'euros. En deux ans, le groupe a baissé ses frais généraux de 270 millions d'euros.
L'assureur a poussé les feux en France sur ses métiers dommages. Le chiffre d'affaires de ce segment d'activité a augmenté de 3,6% en un an. Sa rentabilité laisse en revanche à désirer avec un ratio combiné (rapport de la somme des frais de gestion et du coût des sinistres sur le total des primes encaissées) de 100,8%, notamment plombé par les nombreuses intempéries qui se sont abattues sur la France en 2013. Pour cette année 2014, Groupama vise un ratio combiné de 98%.
Contrats en unité de compte
En assurance de personne, le chiffre d'affaires apparaît en baisse de 7,8%, à 5,6 milliards d'euros. Le groupe explique ce repli par sa volonté de privilégier les contrats d'assurance-vie en unité de compte, plus exposés à la Bourse que les traditionnels contrats en euros. Ces contrats sont beaucoup plus rentables pour la compagnie, mais encore relativement impopulaires chez les particuliers, qui ont été douchés par les mouvements erratiques des marchés ces dernières années.
http://www.lefigaro.fr/
mercredi 19 février 2014
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